| Une maison obtient le label Effinergie sans remettre en question les pratiques de construction courantes, grâce à une surisolation et à un système assurant ventilation et chauffage.
Une maison comme les autres, réalisée par la filière traditionnelle avec des matériaux courants, des produits du marché... et à très basse consommation d’énergie : c’est ce qu’a voulu expérimenter le constructeur de maisons individuelles CTVL (Constructions traditionnelles du Val-de-Loire). Dans un lotissement de Marcilly-en-Villette, près d’Orléans (Loiret), un pavillon de son catalogue a subi quelques modifications techniques pour obtenir de Promotelec le label BBC Effinergie attestant une consommation annuelle d’énergie primaire inférieure à 65 kWh/m2 (1) pour le chauffage, la production d’eau chaude sanitaire, la ventilation et l’éclairage. Extérieurement, rien ne distingue cette maison de ses voisines : 96 m2 de plain-pied avec garage intégré, des façades enduites, un toit de tuiles, une architecture et des matériaux traditionnels.
Avec l’aide du bureau d’études thermiques AET Loriot, le constructeur a d’abord cherché à réaliser une enveloppe surisolée et étanche à l’air. Au sol, la chape flottante est coulée sur 10 cm de polystyrène extrudé. En façade, la maçonnerie isolante en blocs de béton cellulaire de 20 cm d’épaisseur montés à joints minces est complétée par un doublage intérieur de 10 cm de laine de verre (conductivité de 32 W/mK) habillés de plaques de plâtre. Les menuiseries PVC sont équipées de double vitrage 4/16/4 peu émissif avec lame d’argon. Enfin, dans le comble perdu, 22 cm de laine de verre sont déroulés sur le plafond. Les matériaux ont été choisis parmi les plus performants mais leur mise en œuvre reste traditionnelle, elle ne bouscule pas les habitudes des entreprises.
La ventilation assure le chauffage
La véritable innovation vient du système de chauffage. Une pompe à chaleur air/eau placée dans le cellier assure la production du chauffage et de l’eau chaude sanitaire. Elle est raccordée à un ballon tampon qui alimente simultanément le ballon d’eau chaude sanitaire et une batterie à eau située sur l’échangeur du système de ventilation double flux de la maison. Le soufflage de l’air chauffé est assuré par des bouches en plafond des pièces sèches et son extraction dans les pièces humides. Du fait de la surisolation, les besoins de chauffage sont faibles et ne demandent donc pas une vitesse de soufflage importante. Donc pas d’inconfort lié au bruit ou aux mouvements d’air. Le directeur général de CTVL, Jérôme Fousse, admet cependant que cette solution technique n’est pas très connue des artisans peu habitués à poser des systèmes de ventilation double flux.
Au final, la maison affiche une consommation de 46,87 kWh/m2.an et a obtenu de Promotelec le label Bâtiment basse consommation Effinergie. Quant au prix de vente, il est passé de 102.000 euros TTC pour le modèle de base à 138.000 euros TTC (après déduction du crédit d’impôt estimé à 8.000 euros TTC). A la suite de cette expérience, CTVL a optimisé les coûts et vient de revoir son catalogue qui propose désormais une version basse consommation pour tous ses modèles, moyennant un prix supérieur d’environ 20 % (soit 12 à 16 % après déduction du crédit d’impôt). |